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Par Marie Desjardins


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PURPLE CHRIST SUPERSTAR

L'OMBRE, LA LUMIÈRE ET IAN GILLAN...

Paru le 21 juillet 2016

 

Il y a des phénomènes qui ressemblent à des miracles. En 1967, alors que le rock vient d’amorcer sa plus spectaculaire ascension, l’opéra Hair donne le coup d’envoi à la création d’un genre et à une gigantesque inspiration. En Angleterre, en effet, le compositeur Andrew Lloyd Weber et le parolier Tim Rice créent l’opéra rock le plus populaire de tous les temps : Jesus Christ Superstar. L’œuvre, magnifique, brillante, a fait l’objet d’un double album, de millions de représentations au théâtre, d’adaptations, d’un film culte, d’innombrables produits dérivés.


Le premier Jésus se nommait Ian Gillan. Le chanteur de Deep Purple. C’était en 1970. Il interprétait alors « Child in Time » de son inimitable voix, de son cri inégalé – visage d’ange et corps de dieu. Pavarotti a dit de Gillan qu’il était un génie. Cela n’est certainement pas faux, car lorsque Rice et Weber approchèrent la rock star pour qu’elle devienne le Christ du tout premier enregistrement de leur opéra, Gillan fut flatté, voire amusé. Qu’est-ce que cette fable mystique avait à voir avec sa musique à lui, pure et dure?

 

Rien.


Peut-être tout.

 

Il accepte. Il sera Jésus, Murray Head Judas et Yvonne Elliman, Marie-Madeleine. Cependant, étant donné les obligations de Deep Purple (band acclamé qui n’a pas encore écrit  Smoke on the Water ), il faut faire vite. Pas de répétition. Une seule session. Gillan lit les paroles du livret, les chante à la perfection en studio – quelques heures en continu devant une équipe fascinée par tant de talent – point final. Le lancement de l’album évoque une vague de fond. À Londres, l’opéra sera joué sur scène pendant des mois, les recettes sont étourdissantes, mais déjà, sur les planches, c’est un autre Jésus qui récolte les honneurs. Gillan est reparti par monts et par vaux, il n’a pas une seconde à consacrer à des représentations en direct, il a peut-être même oublié sa puissante performance.

Deux ans plus tard, néanmoins, devant l’extraordinaire succès mondial de cette création, le réalisateur Norman Jewison souhaite en faire un film. Reste à trouver la perle qui donnera vie au Christ dans un film tourné en Israël, sur les lieux mêmes de la vraie histoire. Qui, mieux que Gillan, pourrait y arriver? Sa voix est sublime, son interprétation intuitive et sentie. Quant à son physique, il est parfait pour incarner l’homme le plus énigmatique de tous les temps. On le sollicite pour une entrevue. Arrogant et pressé, mais également fier, il descend de la Rolls flambant neuve qu’il conduit lui-même devant un bureau de Londres où le metteur en scène l’attend. Enfant, Gillan rêvait de devenir une star de cinéma. Enfin, c’est dans le sac.


 

Mais Jewison, un Canadien de Toronto qui connaîtra une longue et prolifique carrière, n’est pas impressionné par la superbe du leader de Deep Purple. Gillan, vingt-cinq ans, a le monde a ses pieds, et son band ne saurait souffrir de propositions professionnelles qui pourrait mettre en péril des emplois du temps réglés à la seconde. Oui, il sera Jésus, avec plaisir, évidemment! Mais seulement lorsque lui sera libre, c’est-à-dire après les obligations de son groupe – tournées, concerts, etc., et ceci moyennant un cachet… faramineux. Jewison n’a pas de temps à perdre. Il éconduit Gillan sans autre discussion. L’affaire a été classée en quinze minutes avec le chanteur mythique. Point final.

 

On approche alors un Américain du Texas, chanteur, batteur, acteur, rocker. Ted Neeley, dont la postérité (sauf en ce qui concerne ses fans inconditionnels) ne retiendra que ce rôle unique : la figure du Christ, qu’il a interprétée de toute son âme dans le film de Jewison, devenu un classique. C’est lui, Jesus Christ Superstar, pour l’éternité. Neeley a prêté une voix absolument sublime à son personnage, une authenticité à couper le souffle. Il ne s’est jamais lassé de mourir et de ressusciter.

   

À bientôt soixante-quatorze ans, il interprète encore le Christ sur scène, partout dans le monde, et tous les ans devant un public envoûté. Un immense succès dont Neeley est responsable, et reconnaissant.

 

Dans une interview, Gillan a déploré avoir perdu ce rôle qui aurait fait de lui une vedette de l’écran. Par ailleurs, il a affirmé qu’en Amérique le public n’a jamais compris que cet opéra n’était qu’une farce ayant pris des proportions…

 

Dépit? Mauvaise foi?

 

Ted Neeley est de toute évidence plus américain dans son comportement, et certainement dans ses convictions. Dans toutes ses très nombreuses interviews, il ne manque jamais d’exprimer sa gratitude, de rappeler que le Christ est sa grande inspiration, et qu’il a voué sa vie à l’incarner, chaque fois avec la même hâte.

 

Que conclure?

 

Un détail, peut-être…

 

Au moment de l’enregistrement de l’album Jesus Christ Superstar, en 1970, même si tout semblait couler de source, il fallut néanmoins reprendre à quelques reprises la partie du Jardin de Gethsemane et de la crucifixion, car Ian Gillan, profondément bouleversé, faillit fondre en larmes.

 


GETHSEMANE (VERSION ORIGINALE 1970 - IAN GILLAN)


GETHSEMANE (VERSION DU FILM 1973 - TED NEELEY)


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